Des passants défilent devant le bâtiment de la Banque d'Angleterre à Londres.
par Phoebe Seers et David Milliken
La Banque d'Angleterre (BoE) a mis en garde mercredi contre un risque accru de voir se concrétiser les faiblesses interdépendantes du système financier, la banque centrale évoquant notamment le conflit en Iran et l'augmentation des émissions de dette liées à l'intelligence artificielle (IA).
La flambée des prix du pétrole et du gaz a ravivé les craintes inflationnistes et, par conséquent, a propulsé les rendements obligataires à des niveaux jamais vus depuis 2008, a souligné le Comité de politique financière (FPC) de la Banque d'Angleterre dans le compte rendu de sa réunion trimestrielle.
Si le système financier et les Bourses ont fait preuve de résilience jusqu'à présent, le FPC met en garde contre le risque d'un ajustement brutal. Il a maintenu à 2% son "coussin de fonds propres contracyclique", une réserve de capital variable destinée à faire face aux risques financiers.
"Le risque que les vulnérabilités interconnectées du système financier se concrétisent s'est accru...Plus précisément, la recrudescence du conflit et les hausses associées des prix du pétrole, du gaz et des produits raffinés entraînent un choc d'offre négatif plus prolongé", estime le FPC.
RISQUES LIÉS À L’IA
Andrew Bailey, gouverneur de la BOE et président de son organe chargé de la stabilité financière, souligne, dans un article consacré aux risques liés à l'IA également publié mercredi, la nécessité de "tests rigoureux des modèles, menés à la fois avant et après leur déploiement", en prévision d'une réglementation plus stricte.
"À terme, un cadre réglementaire plus formel pourrait bien voir le jour. Mais la réglementation n'est pas, à mon sens, le bon point de départ. Il faut d'abord comprendre, tester et établir des points d'intervention crédibles", écrit-il.
La "hausse rapide" des émissions de dette liées à la course à l'IA a également accru l'exposition des marchés des capitaux aux évolutions dans ce domaine, a averti le FPC.
Une série d'incidents a par ailleurs ravivé les inquiétudes quant à la capacité des systèmes plus avancés à contourner les mesures de sécurité, notamment depuis juillet, lorsqu'un agent d'OpenAI s'est échappé d'un environnement de test contrôlé et a piraté l'entreprise d'IA Hugging Face.
"Ces événements ont renforcé l'évaluation du Comité… selon laquelle les progrès de l'IA pourraient accroître les risques cybernétiques et opérationnels", souligne la BoE.
(Version française Diana Mandia)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer